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L’égalité salariale entre les hommes et les femmes sera atteinte entre 2187 et 2220. (The Global Gender Gap Report 2016)

En France, les femmes ne représentent que 25% des salariés de la Tech, 2% des PDG et 33% des cadres supérieurs. Chez les diplômés de Science-Po, les hommes gagnent 28% plus que leurs homologues de sexe féminin.

Tous ces chiffres montrent que l’égalité F/H au travail est encore loin d’être acquise. Ces inégalités et discriminations liées au sexe sont nourries par le sexisme qui prédomine encore dans notre société. S’il peut paraître anodin ou banal au quotidien, le sexisme a des conséquences désastreuses dans les entreprises.

« Ça te va bien cette jupe », une petite phrase qui fait des ravages

Selon une étude du « Conseil Supérieur de l’Egalité Professionnelle entre les Femmes et les Hommes », 80% des femmes sont régulièrement confrontées à des attitudes ou décisions sexistes dans leur environnement professionnel.

Mais quand on dit qu’elles sont victimes de sexisme, de quoi parle t-on exactement ? De tout ce qui est dit et fait qui rabaisse les femmes par rapport aux hommes. Et ça n’est pas forcément intentionnel. 

Par exemple, un compliment sur la tenue ou coupe de cheveux d’une collègue, ça peut être formulé avec une attention bienveillante et ça arrive tous les jours. Oui, mais ces remarques, accumulées, peuvent être à la longue mal vécues. Pour 93% des femmes, ce genre de remarques amoindrit leur sentiment d’efficacité personnelle. 

Surprenant ? Pas vraiment, car ces petites phrases sur l’apparence exprimées dans un environnement professionnel, touchent dans l’immense majorité des cas les femmes et bien plus rarement les hommes. Cette accumulation insidieuse fini par toucher l’estime de soi. Selon cette même enquête, 92% des femmes considèrent que travailler dans un environnement sexiste à un impact négatif sur leur confiance en soi.  Au travail, tout un chacun espère avoir des retours sur son travail, son rendu, et non sur sa coupe de cheveux. 

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Les environnements de travail aussi sont sexistes

Le sexisme peut glisser dans le quotidien de manière encore plus insidieuse. En Open-Space par exemple, la température idéale a été pensée dans les années 60 pour un homme de 70 kg. Elle est de ce fait, en moyenne trop froide de 5 degrés pour les femmes. 

Sur le terrain, ce sont les uniformes et outils de travail qui sont inadaptés pour la moitié de la population. La NASA a finalement réussi la première sortie dans l’espace exclusivement féminine après un échec quelque mois plus tôt, faute d’uniforme taille M… 

Si cet exemple peut faire sourire, d’autres peuvent être dangereux et handicapants. Les gilets pare-balles non adaptés aux poitrines des femmes, les téléphones portables trop larges et trop lourds ou encore les outils comme les marteaux ou perceuses pensés pour les mains des hommes.

Le péché originel de la grossesse dès l’embauche

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9 femmes sur 10 pensent qu’il est plus facile de faire carrière pour un homme, et pour cause, dès l’embauche les femmes sont discriminées

Si elles sont jeunes, elles risquent d’avoir un enfant. Ce stéréotype, aussi bien intégré par les hommes que les femmes résulte du fait que le congé maternité est au moins 10 fois plus long que le congé paternité. Ainsi,  par cette discrimination positive, les femmes sont perçues comme handicapantes pour l’entreprise. 

Seul un congé paternité obligatoire permettra de combler le fossé et une réelle égalité entre les sexes. Mais une fois mère, pourquoi considérer en 2019 que seules les femmes s’occupent des enfants ? 

Une fois le congé maternité terminé, il y a le retour à l’emploi. Ayant eu un enfant, elles se voient proposer moins de postes à responsabilité. Les femmes représentent  80% des travailleurs à temps partiel. Elles sont plus d’un tiers à travailler à mi-temps. Et 50% d’entre elles ont déjà essuyé des remarques culpabilisantes à ce sujet.

Les femmes se surinvestissent et s’épuisent

Selon l’Insee, les femmes sont plus sujettes à l’épuisement professionnel que les hommes. Elles sont également plus en situation dite d’hyperstress, dangereuse pour leur santé. 28% des femmes contre 20% des hommes.

Fatma Bouvet de la Maisonneuve, psychiatre et auteure de « Le choix des femmes » constate un surinvestissement professionnel des femmes pour combattre les effets du sexisme dont elles sont victimes au travail. L’auteure parle même de « maltraitance sociale ». Payées entre 9,6% et 24% de moins selon leur niveau de poste que leurs homologues masculins, elles sont sous-estimées et s’acharnent à être toujours plus performantes alors qu’elles atteignent un plafond de verre. 

Le sexisme coûte un bras !

60% des salariés affirment que leur environnement de travail influe sur leur plaisir à venir travailler. Plus éloquent encore, 89% des collaborateurs sont plus motivés au travail lorsque leur employeur adopte une démarche Qualité de Vie au Travail, prenant en compte la santé et le bien-être des employés. 

Et ça passe par instaurer un climat d’entreprise agréable. Or, le sexisme agit comme un véritable polluant, créant des inégalités, discriminations voire des actes de violences. Pire encore, le sexisme engendre de l’absentéisme. On sait aujourd’hui que l’absentéisme dit évitable (hors accident du travail, congé maternité etc) est lié au climat social qui règne dans l’entreprise. Et ça coûte cher. Précisément, 108 milliards d’euros par an soit le budget annuel de l’éducation national, ou encore 4,7% du PIB !!!

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Éduquer et former au savoir-être pour des entreprises plus performantes 

37% des hommes et 44% des femmes souhaitent que leur entreprise condamne fermement les remarques sexistes et que les managers soient éduqués aux stéréotypes et aux manifestations sexistes. Et, cela permettrait aux entreprises d’économiser.

Selon Guillaume Soenen, titulaire de la chaire « Health & Performance at Work » à l’EM Lyon, investir dans le capital santé de ses salariés permet une économie en moyenne de 1000 € par salarié. Et la variable la plus importante du capital santé se trouve être la qualité des relations sociales. Investir dans le bien-être de ses salariés, c’est même soigner son expérience client ! 17% est directement corrélé au bien-être des salariés de l’entreprise. Pas mal non ?

À l’échelle nationale, lutter contre le sexisme pourrait même relancer l’économie ! Selon un étude menée par Erwann Tison, coordinateur des études à la Fondation Concorde, s’appuyant lui-même sur les données de l’Observatoire des inégalités, la situation actuelle d’inégalité salariale française représente une perte de plus de 60 milliards d’euros par an pour notre pays ! 

France Stratégie de son coté, estimait en 2016, basé sur une étude de l’Organisation Internationale du Travail, que si le taux d’emploi des femmes et leur rémunération étaient les mêmes que ceux des hommes, la France verrait son PIB augmenter de 6,9% ! Ca vaut le coup d’essayer non ?