La VR pour former à l’empathie : LA solution du bien-être au travail ?

Publié le 29 Avr 2021
Mise à jours le 16 Avr 2024

L’empathie est la capacité à lire et comprendre les émotions d’autrui. Elle peut être cognitive (ex : je comprends que cette situation est difficile pour vous et pourquoi) ou/et affective (ex : je suis émue par votre situation).

L’empathie a été reconnue comme soutenant de nombreux processus affectifs et intellectuels. Par exemple, vos comportements prosociaux, la régulation de votre humeur ou encore votre adaptation sociale ou émotionnelle dépendent de vos capacités d’empathie. Au travail ces capacités se traduisent par des relations harmonieuses avec les équipes dans lesquelles vous agissez. Une meilleure empathie conduit à une meilleure communication puisqu’elle permet de bons rapports sociaux et une bonne coopération.

« D’accord, mais rien de nouveau sous le soleil » me direz-vous…

Cet état de fait devient vite un problème évident dans les relations au travail. En effet, ce qui stimule votre empathie à l’égard d’autrui est votre proximité (affective mais aussi socio-professionnelle) avec celui-ci. Or lorsque vous devenez manager d’une équipe, cette proximité avec votre équipe diminue.

Comment agir ?

Former à l’empathie ne semble pas chose aisée. Comment apprendre ce qui semble être inné pour certains ou certaines ? C’est là qu’intervient la fameuse réalité virtuelle (VR pour Virtual Reality).

La VR pour former à l’empathie ?

Traditionnellement lorsque l’on veut entrainer son empathie on utilise la méthode dite de la prise de perspective. Cette méthode consiste à se mettre à la place de l’autre par des exercices de visualisation ou par le jeu de scénettes de théâtre.

Cependant, plusieurs freins peuvent être rencontrés comme la difficulté à générer des images mentales ou encore une non-adhésion des personnels formés à l’exercice. Difficile pour André (54 ans) de se mettre à la place de Juliette (25 ans) victime de harcèlement sexuel… L’exercice peut prêter à sourire pour certains et se traduire par un échec de l’intervention.

La réussite de ce type de prise en charge repose donc en grande partie sur la motivation. Accepter de se plier à l’exercice de la prise de perspective peut en effet représenter un défi de taille pour certains collaborateurs.

La réalité virtuelle arrive comme une solution idéale pour ce type de problème. Vous n’avez pas d’effort à fournir. Il vous suffit de mettre le casque et vous êtes Juliette. Des personnes s’adressent à vous comme si vous étiez Juliette et vous êtes soumis aux mêmes contraintes qu’elle vit quotidiennement, le temps de l’expérience en VR.

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VR en formation : Être l’autre pour le comprendre ?

Difficile d’être empathique face à une situation que vit un collaborateur ou une collaboratrice quand on ne l’a jamais vécu…

Parfois le simple fait d’incarner une personne plus petite que soi peut permettre de se rendre compte de l’impact sur autrui d’imposer une proximité physique. Pierre (1m90) ne s’est sûrement jamais vu imposer une accolade par un collaborateur. Difficile donc pour lui de comprendre la possible violence et le caractère intrusif de ce geste.

Avec la VR, nul besoin d’expliquer. Vous pouvez juste vous glisser dans la peau d’une collaboratrice ou d’un collaborateur d’1m50 et vivre l’expérience à leur place. Adopter le point de vue d’autrui n’a donc jamais été aussi simple.

« Le point de vue physique ne suffit pas » me direz-vous.

Et vous aurez raison ! Cependant, il a été montré que lorsque vous incarnez quelqu’un en réalité virtuelle, vous prenez bien plus que son point de vue physique. Vous vous attribuez aussi son système de pensées, ses capacités et ses émotions. Par exemple : si vous incarnez un inventeur en VR, vous aurez des meilleures performances à un test créatif. C’est ce qu’on appelle l’effet Protéus.

Incarnez quelqu’un d’autre et vous vivrez donc l’expérience comme si elle vous touchait personnellement.

Empathie managériale quels impacts sur les équipes ?

Des équipes menées par des manageurs empathiques engendrent un meilleur fonctionnement de celle-ci. L’empathie permet de résoudre plus facilement des conflits mais aussi d’être un meilleur négociateur !

L’empathie managériale permet un meilleur sentiment d’inclusion pour toutes et tous menant globalement à un meilleur bien-être au travail. Bien-être ayant des retentissements importants sur la productivité, la créativité mais aussi l’absentéisme et les accidents du travail.

Enfin, l’empathie managériale est aussi recommandée pour une meilleure communication en cas de crise. La crise du COVID19 a modifié nos manières de travailler et une communication adaptée a été montrée comme primordiale pour conserver des conditions de travail optimales. La simple prise en compte de l’émotion d’autrui ne suffit pas. L’empathie doit être travaillée de manière à rendre le manager capable d’agir en conséquence des émotions de ses collaborateurs. Ces comportements empathiques permettront de créer un environnement de travail adapté et sain.

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Le mot de la fin ?

Nous avons trop tendance à croire que nos émotions viennent parasiter notre travail. Or l’émotion est un moteur ! N’oublions que sa fonction première est de nous maintenir en vie ! Naturellement donc, nous allons fuir les situations qui génèrent des émotions négatives et nous rapprocher de celles qui en produisent des positives. Générer un environnement positif émotionnellement est donc absolument primordial pour que le travail ne soit pas associer au mal-être et au stress.

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