Quand doit-on parler de harcèlement scolaire ?

Publié le 07 Avr 2021
Mise à jours le 16 Avr 2024

Une journée internationale contre le harcèlement scolaire a eu lieu le 5 novembre 2020. La France et l’UNESCO se sont réunis pour animer une conférence internationale afin de lutter contre ce fléau dans les écoles. Corine a suivi cette campagne de sensibilisation et cela lui a mis la puce à l’oreille. En effet, elle rencontre des difficultés avec son fils Romain depuis sa rentrée scolaire en 5ème. Il n’est plus tout à fait le même. Aujourd’hui elle se demande alors quels sont les signes d’un harcèlement scolaire et comment doit-elle réagir pour aider son fils.

Qu’est-ce que le harcèlement scolaire ?

Le harcèlement scolaire n’est en aucun cas à prendre à la légère. Effectivement, cela va plus loin que des taquineries enfantines et peut provoquer des phobies et une perte de confiance en soi jusqu’à l’âge adulte.

D’après le ministère de l’Education nationale, à la suite d’une étude en 2018, c’est 700 000 enfants chaque année qui sont victimes de harcèlement scolaire. C’est-à-dire, un enfant sur dix est harcelé dans son établissement scolaire. Les élèves victimes sont souvent harcelés par un ou plusieurs camarades, mais cela peut également être par des adultes comme leurs professeurs. Cela se résume par des actes violents envers l’élève « souffre-douleur » qui sont répétés dans le temps avec pour intention de nuire à l’individu.

Ces mauvais traitements peuvent être de nature physique. Romain en occasionne les frais. À chaque fois qu’il rentre de récréation, il reçoit des coups de cahier sur la tête par quelques camarades de classe. Cela peut également être des violences psychologiques comme des moqueries, des insultes, du rabaissement, une mise à l’écart ou encore des menaces. Lorsque les violences sont de nature psychique, cela est plus difficile de les détecter, car elles ne laissent aucune marque visible. Romain premier de la classe en 6ème, aujourd’hui ses camarades le menace de lui casser le bras s’il ne donne pas son devoir de SVT. Les violences peuvent même être sexuelles surtout lorsque celles-ci sont exercées sur les filles.

Les mauvais traitements des élèves harcelés sont quotidiens. Effectivement, avec l’apparition des réseaux sociaux cela les suit même jusqu’à la maison. En 2017, une étude a réalisé que 25 % des collégiens ont déjà subi un harcèlement via le digital. C’est sur le réseau social Instagram que Romain a vu une vidéo de lui prenant un coup de cahier par un de ses camarades suivi des rires moqueurs de la classe. Le cyberharcèlement peut prendre une ampleur considérable lorsqu’il est utilisé pour rependre des rumeurs ou divulguer des images. Corine n’est pas au courant des violences que subi Romain, mais elle souhaite faire attention aux signes qui peuvent l’alerter sur la situation.

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Quels sont les signes d’harcèlement scolaires qui doivent alerter ?

Il est parfois difficile pour les parents de détecter le harcèlement scolaire. En effet, les enfants ont plutôt tendance à vouloir régler leurs problèmes seuls sans alerter leurs parents. Romain est dans ce cas. Il ne veut pas décevoir sa maman et croit que ce serait inutile. Voir pire, cela pourrait lui causer des représailles bien plus fortes.

– Les signes évocateurs d’un harcèlement physique :

L’enfant demande qu’on l’emmène et le ramène de l’école : certains enfants se font frapper aux portes de l’école afin d’éviter d’être réprimander par les surveillants. De plus, cela peut être du racket si comme Romain, il perd toujours ses écouteurs et demande de l’argent.

Les marques de bleus et de griffures : il a tendance à minimiser les marques de coups ou alors à cacher ses bras. Et lorsque vous posez la question il vous répond qu’il est tombé.

Vêtements et matériels endommagés : parfois, lorsque Romain revient de l’école son pull et son jean sont déchirés. De plus, chaque mois, Corine doit acheter une nouvelle trousse.

– Les signes évocateurs d’un harcèlement psychologique :

L’enfant s’isole : il évite à tout prix les lieux où se trouve ses camarades. La cantine, la récréation sont devenues des endroits où il ne se sent plus en sécurité. Romain en est venu à ne plus aller manger à sa pause déjeuner. Corine s’en est rendu compte lorsque le crédit de sa carte de cantine restait intact. Au lieu de ça, il allait se réfugier dans les couloirs de l’école pourtant interdits pendant les pauses. Pour continuer, il n’est jamais invité aux anniversaires et lorsqu’il est absent en classe, il n’a personne vers qui se retourner pour récupérer ses cours.

Changement de comportement en classe : certains enfants deviennent insolents pour se faire accepter auprès de leurs camarades. D’autres font comme Romain et s’effacent pour éviter de nouvelles taquineries. Corine a été alertée sur son comportement par le professeur principal lors d’une réunion.

L’enfant se plaint de l’école : il a des difficultés à se lever le matin, des retards excessifs et il ne veut plus aller à l’école.

L’enfant a des baisses de résultats scolaires : Romain est un bon élève depuis la primaire. Il a toujours été sérieux et recevait les félicitations des enseignants. Pourtant, sur les bulletins de cette année, les notes sont en chutes. Corine entend parfois son enfant dire qu’il ne veut plus être premier de la classe. Les élèves peuvent volontairement faire baisser leurs résultats pour être mieux vus par les autres.

Changement de comportement à la maison : Corine a toujours trouvé son enfant agréable. Aujourd’hui, il est devenu plus agressif. Il refuse d’obéir, ne veut plus manger et s’enferme dans sa chambre. Il a l’air préoccupé et ne discute plus. Corine pensait que c’était une crise d’adolescence et que c’était normal, mais il faut en être vigilant.

L’enfant développe des troubles post-traumatiques : Romain est épuisé, il fait des crises d’angoisse et se plaint de maux de ventre. La nuit, il ne dort pas et commence à développer de l’eczéma. Il est méfiant et n’a plus confiance en lui.

Corine ne sait pas comment réagir. Son fils ne se confie pas sur sa situation alors comment l’aider ?

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Comment doit-on réagir si notre enfant se fait harceler à l’école ?

Lorsque vous détecté un harcèlement scolaire, il est important de réagir. Effectivement, un enfant harcelé à l’école aura du mal à en parler. Il faut donc établir un dialogue avec lui. Corine a profité d’un tête-à-tête avec Romain lors d’une promenade pour le faire parler.

Une fois la discussion établie, Corine l’a soutenue afin qu’il puisse lui faire confiance. Effectivement, il avait peur que cela ait des représailles et il se sentait honteux. La mère de Romain lui a alors expliqué qu’il n’était pas fautif de ce qui lui arrivait et que ce n’était pas une situation normale.

Corine a fini par avertir l’école pour leur expliquer le problème de harcèlement scolaire dont subit Romain. Ils ont ensemble pris rendez-vous et punis les responsables des faits. L’école a par la suite sensibilisé les enfants aux sujets du harcèlement scolaire afin de lutter.

Pour lutter contre le harcèlement scolaire, les parents dans la même situation que Corine, peuvent appeler le ministère de l’Education Nationale gratuitement au 3020. Le gouvernement a aussi mis en place un numéro gratuit contre le harcèlement à l’école (0808 807010) et sur Internet (080 200 00).

Afin que Romain se reconstruise et retrouve de l’estime de lui, Corine l’a inscrit dans une nouvelle activité sportive où il se sent valorisé.

En conclusion, le harcèlement scolaire et bien plus banal qu’on ne le pense. Cela prend des ampleurs depuis l’apparition des réseaux sociaux. Le combat doit donc être maintenu. Erwan Balanant, député du Finistère, recommande la formation des adultes à la lutte contre le harcèlement scolaire et une sensibilisation des enfants afin d’acquérir de l’empathie et de la tolérance. Il recommande également une peine de deux ans de prison et 30 000 € d’amende. Reverto vous propose une expérience immersive dans la peau d’un élève harcelé. La réalité virtuelle vous offrira un meilleur taux de résultat dans votre plan de formation.

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