Nous vous expliquions les mécaniques du stress dans notre précédent article, et comment les entreprises pouvaient aider leurs salariés. Attardons-nous maintenant sur les pouvoirs extraordinaires de la psychologie positive, pour retrouver la maîtrise de sa réaction au stress et en faire son allier dans la vie.

De nouvelles données scientifiques fascinantes

Une étude publiée en 2012 par l’Université de Médecine du Wisconsin, menée sur plus de 30 000 personnes aux États-Unis a démontré que le stress n’est mauvais pour notre santé que si on croit qu’il l’est.

Cette étude consistait à poser les deux questions suivantes aux participants :

  • Quelle quantité de stress avez-vous supporté l’année dernière ?
  • Croyez-vous que le stress soit dangereux pour votre santé ?

 Puis, durant les huit années suivant l’expérience, les chercheurs ont analysé les registres des personnes décédées parmi les participants. Certes, c’est un peu glauque, mais les résultats sont parlants.

 Les statistiques démontraient que les gens qui à la question 1) avaient répondu avoir connu beaucoup de stress durant l’année précédente avaient 43% de risques supplémentaires de mourir. Mais ce n’était vrai que pour les personnes convaincues que le stress était mauvais pour leur santé.

 Au contraire, ceux en proie à une grande quantité de stress mais ne le percevant pas comme nocif, n’étaient pas plus susceptibles de mourir.  À l’inverse, ils étaient même ceux qui bénéficiait du risque le plus faible d’y passer, parmi tous les participants, y compris ceux se revendiquant peu ou pas stressés.

 Ainsi, les chercheurs ont estimé que pendant ces 8 années, 182 000 Américains seraient morts prématurément, non pas de stress, mais de la croyance que le stress étaient mauvais pour eux. Soit, plus de 20 000 décès par an…en faisant la quinzième cause de mortalité aux États-Unis, tuant plus que le cancer de la peau, le SIDA et les meurtres.

 C’est pourquoi, plutôt que d’expliquer que le stress est mauvais pour la santé, la psychologue Kelly MGonigal explique (merveilleusement bien juste ici) qu’il est possible de renverser les effets négatifs du stress sur sa santé et qualité de vie, en changeant simplement la perception que l’on a du stress en lui-même.

Il suffit d’y croire…

Plutôt que d’interpréter les manifestations physiques liées à une situation de stress comme de l’anxiété, un mal-être ou une perte de contrôle, elle suggère de les voir comme un super stimulant, un signal envoyé à notre corps pour nous dire que nous sommes prêts et aptes à relever un défi.

 Ainsi, un cœur qui bat la chamade ou une respiration accélérée ne sont plus un problème ou une gène, mais un moyen d’apporter plus d’oxygène à notre cerveau, grâce auquel on est en hyper vigilance, capable de tout calculer plus vite et gagner en performance.  

… pour maitriser notre réponse biologique

En changeant la perception que l’on a du stress, on permet au corps de modifier les réactions physiques.

Ainsi, dans une situation de stress classique, où tous les signaux sont mal vécus, les vaisseaux sanguins se contractent, réduisant considérablement leur diamètre et augmentant même les risques de maladies cardiovasculaire en cas de stress chroniques.

Mais lors d’une étude menée par l’université de Harvard en 2012, il a été prouvé que lorsque le stress est, cette fois-ci, perçu comme utile et positif par les participants, le diamètre des vaisseaux sanguins ne rétrécie pas du tout, réduisant les risques cardiovasculaires. Ce qui est intéressant, c’est que le corps réagit comme lors d’une situation de grande joie ou de courage.

 La perception que l’on a du stress pourrait ainsi jusqu’à modifier et assainir notre réponse biologique, parce que notre corps croît en ce qu’on lui dit.

réponse au stress

 

Alors la prochaine fois que vos poils se hérissent, que vous suez à grandes gouttes et que votre cœur s’emballe, inspirez profondément et prenez une minute pour analyser ce que vous ressentez. Dites-vous que votre corps est à vos côtés. Il vous crie à sa manière que vous pouvez le faire, qu’il vous soutient (littéralement) et que tous vos organes sont dans les starting-block pour vous permettre de donner le meilleur de vous-même.

Une question ?