« Maladie des loisirs » ou l’art de tomber malade pendant les vacances

Publié le 28 Oct 2020
Mise à jours le 16 Avr 2024

Connaissez-vous une personne qui ne tombe malade que pendant ses vacances ? qui passe ses week-end sous antidouleurs dans le canapé en se réveillant chaque lundi matin en forme ? Si votre conjoint tombe toujours malade la veille d’aller voir sa belle-famille, n’est jamais en forme le week-end et pète le feu la semaine, ce n’est (peut-être) pas parce qu’il veut rester tranquille dans le canapé. Peut-être fait-il partie des personnes touchées par la maladie des loisirs.

La maladie des loisirs, ça vient d’où ?

Le premier à théoriser ce phénomène s’appelle Ad Vingerhoets, psychologue néerlandais, lorsqu’il publie en 2002, un étude intitulée LEISURE SICKNESS. Touché par un étrange phénomène, celui de tomber presque systématiquement malade lorsqu’il entame ses vacances et ses week-end ; le psychologue décide de mener une étude sur près de 2000 femmes et hommes, tous âges et catégorie socio-professionnelles confondues.

Il s’est tout simplement dit qu’il n’était pas le seul, et il avait raison.

Quels sont les symtpomes ? 

L’étude a montré que parmi les personnes touchées, les symptômes ressentis le plus fréquemment ressemblent à une grippe comme les douleurs musculaires, les migraines, la fatigue et le manque d’énergie. Certaines personnes commencent à les ressentir dès le vendredi soir, d’autres, ne sont touchées que lorsqu’elles partent en congé jusqu’à par exemple, se retrouver complètement bloqué au niveau du dos, quelques heures avant le départ en voiture pour rejoindre un lieu de vacances.

On reconnait la maladie des loisirs car les symptômes disparaissent comme par enchantement à la reprise du travail. Et ce n’est pas bon signe, car l’individu touché perd alors l’équilibre d’un bien-être vie privée / vie professionnelle et s’installe dans un cercle vicieux.

Le psychologue Ad Vingerhoets décrit les symptômes comme particulièrement ressemblants à d’autres maladies modernes, tels que le burn-out, ou la fatigue chronique.

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Quelles en sont les causes ?

Il y a globalement peu d’études sur le sujet, il est donc difficile d’établir une cause certaine. Cependant, certaines données montrent que la différence de consommation de café entre la semaine et le week-end a une influence sur l’état de santé. Bon c’est un peu tiré par les cheveux, car si ceux qui boivent moins de café le week-end peuvent se sentir plus fatigués, ceux qui n’en consomment pas ne sont pas forcément épargnés par ce mal.

L’étude publiée en 2002 par le psychologue Ad Vingerhoets montre que la majorité des sujets se sentant concernés par la maladie des loisirs occupent un poste à haute responsabilité ou particulièrement stressant, ou extrêmement prenant.. De plus, la plupart d’entre eux associent le temps libre comme une perte de temps

Il a même été observé que pour certains sujets, le repos et la détente sont associés à un sentiment de culpabilité, empêchant de profiter réellement d’une journée de congé.

Ainsi, sans tâches pour occuper l’esprit, nous sommes plus à l’écoute de notre corps, qui nous envoie des signaux (douleurs, fatigue).

Le stress, facteur principal 

Le stress joue également un rôle important dans l’apparition des symptômes de la maladie des loisirs. En effet, durant une période de stress aigu, l’organisme est mieux armé pour résister aux tensions, à condition bien sûr de ne pas rentrer dans la spirale du stress chronique, une maladie dont nous vous parlions dans un article précédent. Ainsi, après une période de travail et juste avant un week-end ou une semaine de congés, notre système est perturbé.

Les symptômes pourraient alors résulter de dysfonctionnements liés à la transition psychophysiologique d’une période de stress professionnel à un temps de relaxation. Dans certains cas, cela entrainerait une suractivité du système nerveux parasympathique.

Une autre théorie suggère que l’organisme, lorsqu’il est sous pression, produit une « contre-force » pour établir l’homéostasie, soit pour réguler le système biologique. Ainsi, si la pression ressentie pendant la période de travail disparaît brutalement, cette contre-force fabriquée par le corps n’a pas le temps de se détruire aussi vite, perturbant de nouveau l’équilibre et ouvrant la voie au développement des symptômes. On connait mieux ce concept sous le nom de « phénomène de relâchement ».

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Et ça se soigne ? 

La première étape, c’est déjà de prendre conscience qu’on est peut-être concerné par cette maladie des loisirs. Mais concrètement, il faut se reconnecter au corps et cela peut passer par des exercices de respiration, de la méditation mais aussi par le sport. Entre la période de travail et celle de repos, le sport peut être une excellente transition, permettant d’éliminer plus rapidement les tensions accumulées, et envoyer un signal positif à l’organisme. Cela permet de s’oxygéner, de stimuler ses défenses immunitaires et renforcer sa capacité cardiovasculaire. Mais surtout, le sport permet d’évacuer naturellement le stress.

 Repenser sa manière de travailler

Vivre pour travailler, c’est finalement ce que beaucoup font sans même s’en rendre compte. Un travail prenant, qui nous stresse ou nous tient à cœur… dans de nombreuses situations nous pouvons nous laisser aller à mettre toute notre énergie dans notre travail quitte à s’oublier. Si cette solution peut paraître être la meilleure pour être une machine de guerre au boulot, elle ne permet pas de tenir sur le long terme.

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